Il y a trois mois, j’ai décidé de tenter l’aventure et d’être digital nomad. Tout le monde en parle, c’est devenu la grande mode alors je me suis dit, pourquoi pas moi ?

Mais pour commencer, être digital nomad c’est quoi ?
Sur le papier, c’est une vie de rêve. Des paysages idylliques et un travail parfait au bord de la piscine, de la mer, en haut d’une montagne, dans un van. Taper #digitalnomad sur Instagram nous renvoie vers un catalogue de voyages plus adapté à #viedereve. En somme, être digital nomad aujourd’hui c’est hype et trendy. Dans l’esprit des gens c’est un peu comme si on était en vacances tout le temps.

image d'une personne devant HorseShoe Bend dans l'arizona

Pourquoi associe-t-on digital nomad à cette image ? Parce que les réseaux sociaux c’est de la comm. On montre ce que l’on souhaite montrer sur ces plateformes. Poster des stories à la plage ou des photos de couchers de soleil ne veut pas dire que l’on n’a pas passé des heures enfermé à travailler. Ca a été mon cas plusieurs fois mais prendre en photo son ordi dans une chambre, ce n’est pas très vendeur.
Prenons l’instagram d’une personne travaillant à Paris et vivant à Paris. Vous verrez des photos de tout sauf de son espace de travail. C’est un peu le même principe. Les photos sont simplement plus exotiques. Comprenez que pour ses followers, un digital nomade voyage mais pour ses clients, il travaille.

D’après le site les nouveaux travailleurs, être digital nomad c’est ça :
On appelle “digital nomads” les travailleurs qui adoptent un mode de vie dans lequel ils voyagent fréquemment tout en travaillant à distance, grâce à un métier qui nécessite uniquement un ordinateur et une bonne connexion Wifi.

A différencier donc d’un chauffeur poids lourd par exemple, ou d’un commercial. Deux métiers qui se pratiquent, pour l’un sur la route, pour l’autre entrecoupé de voyages d’affaires mais qui ne relèvent pas du digital nomadisme.

Ils complètent en disant qu’un digital nomad n’a généralement pas de domicile fixe, cette notion peut être nuancée. Notamment car le site dit également que c’est un mode de vie tourné vers le voyage où « Les voyages vont de quelques jours dans un pays voisin à l’enchaînement de plusieurs destinations sur plusieurs mois. » Si le digital nomadisme se définit comme une vie tournée vers le voyage tout en continuant son métier en parallèle, alors il n’est pas nécessaire d’abandonner tout domicile fixe.

C’est le cas de Sophie et son mari qui ont adopté le digital nomadisme mais n’ont pas abandonné leur pied à terre niçois. (témoignage complet ici) A l’inverse de Safia et Émilie, deux canadiennes, qui sont parfaitement nomades, sans point de chute. (leur témoignage complet ici)

Pour Sophie, sa vie aujourd’hui se découpe entre voyages de 3-4 semaines et retour à la maison le temps d’une semaine de temps en temps pour s’occuper d’impératifs sur place. Eh oui, nos métiers sont peut-être portables mais parfois la réalité professionnelle nous rattrape. Il faut de temps en temps se plier aux rencontres, aux meetings physiques ou aux formations, conférences, etc.

Pour ma part, ce voyage était également touristique. Digital nomad ok, mais seulement à temps partiel. Cela a rendu l’experience plus facile à aborder d’un point de vue logistique mais plus compliqué à gérer en terme de balance tourisme/travail.

Il faut donc avant de partir déterminer certains objectifs pour ne pas tomber sans s’en rendre compte dans du voyage pur et faillir à ses obligations. Déterminer combien de temps l’on veut consacrer au travail, combien de clients on veut prendre pendant ce voyage, etc. Il est important de prendre en compte quelques données quand on se projette :
- le décalage horaire, qui ne facilitera pas les échanges directs avec les clients. Quelle est donc la disponibilité que l’on veut pouvoir proposer à ses clients ?
- La connexion wifi, qui pourrait être inégale suivant les endroits visités. Faire attention à ses rendez-vous et meeting et vérifier que cela coincide avec les différentes étapes.
- Les temps de route, même raisonnement que précédemment. La durée peut s’avérer plus longue que prévue, éviter de programmer un meeting trop rapproché d’une étape de route. Privilégier également les voyages en train et en avion pour les longues distances peut permettre d’avancer son travail off line.

Une fois ces paramètres définis, comment voyager et rester productif ?
La meilleure stratégie à adopter quand on voyage en tant que digital nomad, d’après Safia et Emilie, c’est le slow travel. Autrement dit, prendre son temps pour voyager. En effet, accumuler les destinations et changer d’endroits tous les deux ou trois jours nous assure d’avoir peu de temps pour travailler, un stress permanent concernant le wifi et probablement peu de productivité.
Passer plusieurs jours voire plusieurs semaines au même endroit permet d’instaurer une routine de travail et de s’octroyer quelques heures par jour pour visiter la ville dans laquelle on s’est installé. (et même le week-end et/ou quelques jours off dans la semaine suivant son rythme)

Les 5 points à retenir pour une experience de digital nomad réussie :
1/ Prévoir son budget
2/ S’assurer de pouvoir rester connecté
3/ Privilégier le slow travel
4/ Organiser son temps de travail
5/ Savoir rester productif

On ne devient pas nomade du jour au lendemain et ma première phrase est volontairement erronée. Je n’ai pas décidé il y a trois mois de tenter l’aventure. En réalité, je l’ai décidé il y a un an et j’ai travaillé depuis à la mise en place de cette aventure de 3 mois. Ce type de voyage se prépare, ce n’est pas une carte postale.
Tout d’abord, il faut avoir une activité suffisamment régulière pour être assuré de continuer à travailler même sans rencontrer ou démarcher ses clients durant cette période. Evidemment puisque nous serons à l’autre bout de monde.
Il faut également avoir une sécurité financière. Une fois expatrié, difficile de revenir en arrière s’il y a un problème. Trois mois d’avance sur nos frais, c’est un bon début.
Ensuite, un métier de digital nomad implique bien souvent des métiers nouvelle génération. Donc un besoin d’une couverture internet assez importante mais aussi de quoi brancher nos multiples écrans. Exit donc les pays en développement hors grandes villes, du moins pour notre expérience de digital nomad.

Effectivement, nous avons un métier portable, c’est bien. Mais cela ne nous autorise pas à partir n’importe où car nous avons encore quelques contraintes ! Sinon cela s’appelle un congé longue durée.